Du feu aux lampes

La genèse

La genèse de « la lumière » remonte évidemment à la genèse biblique avec sa première citation « Que la lumière soit, et la lumière fut ». Toutefois, nul ne peut situer cette citation fondatrice dans le temps. Nous n’allons pas tenter d’en percer le mystère. En revanche, la Paléontologie nous apprend que la Terre a des milliards d’années et que l’origine commune de vie, pour tous les êtres vivants qui existent ou ont existé, se situe a quelque plus de 3 milliards et demi d’années. Il est certain que pour le développement de cette vie, la lumière a toujours été nécessaire.

domesticationLe feu

La nature apporta les premiers feux. Car c’est avec l’intensité des rayons du soleil et la foudre déclenchant l’embrasement des prairies que les prédécesseurs de Homo erectus subirent le feu.

Un feu toujours insaisissable cependant. C’est au Paléolithique inférieur qu’il fallut d’abord apprendre à entretenir soigneusement les foyers que cette nature offrait, et par la suite, tel le cri initial du nouveau-né, faire naître la flamme de la matière en ignition. Aujourd’hui, on ne peut qu’imaginer les différents degrés de ce lent apprentissage. Il est probable que dès cette époque-là, l’Homme primitif commença à comprendre sa supériorité sur les autres règnes. Il est probable aussi que dès lors, inconsciemment cet Homme primitif distingua les quatre éléments qui constituent le monde : la terre, l’eau, l’air, et le feu.

Nous savons que ce long apprentissage s’étendit tout au long du Paléolithique. Ce fut bien sûr un progrès notoire et essentiel pour l’évolution et l’hominisation. Les travaux pendant la deuxième moitié du vingtième siècle des trois éminents préhistoriens André Leroi-Gourhan, Henry de Lumley, Yves Coppens font découvrir unanimement l’importance considérable de la domestication du feu dans l’histoire de l’humanité. Leurs nombreuses publications en font foi. Ce fut assurément une grande aventure.

Le feu sera également, dans les périodes protohistoriques et historiques, le moteur des innovations. Ainsi, l’Homme l’utilisera aussi pour cuire l’argile en confectionnant des poteries. Il l’utilisera pour confectionner ses tablettes d’argile lorsqu’il imaginera les premiers caractères d’écriture. Et après quelques millénaires de civilisation, lorsqu’il découvrira les métaux, c’est encore le feu qu’il utilisera pour couler les objets d’usage domestique et les produits manufacturés. C’est le feu aussi que les Hommes utilisèrent pour forger les armes nécessaires à leur survie, mais aussi pour se combattre. La possession du feu a longtemps été comparable à l’arme essentielle de vie. L’écrivain Rosny-Aîné, en 1911, avec son célèbre roman « La guerre du feu » l’avait très bien exprimée. Le film qui l’a suivi restera l’image de la progression essentielle du feu.

La lampe originelle

Bien que les lampes à huile les plus connues soient toutes de la période Historique et des Temps modernes, il est nécessaire de découvrir les origines de la lampe dans la Préhistoire.

Il n’en reste pas moins difficile de situer les origines exactes des premières sources domestiques de lumière. Il est évident que ces premières sources de lumière avait le feu comme origine. Toutefois, entre la domestication et la reproduction du feu, et les origines des premières lampes, de nombreux millénaires se sont écoulés jusqu’au moment où l’on a pu effectivement parler de lampes à suif et à huile. Certainement comme pour l’apprentissage de la domestication du feu, il faut considérer une longue évolution dans l’utilisation de foyers mobiles et de lampes, qui se situe au début du Paléolithique supérieur.

La naissance de la torche

Initialement, l’Homme s’est contenté de l’éclairage de la lueur des flammes du foyer utilisé pour cuire ses aliments. Mais l’utilisation de tisons, sortis d’un foyer fixe, pour s’éclairer au-delà de la zone éclairée de ce foyer a certainement fait naître l’idée de l’utilisation distincte d’un foyer mobile. Il fallait encore trouver le moyen d’entretenir la flamme, car le tison sorti du foyer utilisé comme moyen d’éclairage s’éteignait vite. Comme la possibilité de transporter la lumière d’un tison, aussi faible soit-elle, était ainsi reconnue, il a dû assurément venir à l’esprit des Hommes de ce temps, l’idée de se servir d’ustensiles permettant de transporter cette graisse animale des os jetés dans le feu et qui brûlait si bien avec un bel éclat. L’utilisation d’un bâton enrobé de cette graisse animale remplaça le tison.

La torche était née.

 

 

La naissance de la lampe

De plus, l’utilisation de pierres et de galets concaves pour le transport de cette graisse animale en flamme était évidemment la déduction logique, avec l’avantage sur la torche que la pierre et le galet avec la graisse enflammée pouvaient être transportés facilement et déposés à chaque endroit désiré. Avec le perfectionnement du travail de la pierre, le façonnage d’une cuvette dans la pierre devenait possible.

La lampe était née.

L’utilisation de ces deux foyers mobiles, ne résulte pas d’une invention. Il ne s’agissait pas d’une trouvaille spontanée, mais au contraire, d’une évolution lente résultant d’observation, de besoin, de découverte, d’imagination, de création. En effet, une foule de choses était nécessaire à la confection et à l’exploitation de ces torches et de ces lampes. L’extraction des graisses des animaux tués pour la nourriture, le choix des meilleures graisses à cet effet, leur préparation, leur application sur un bâton pour les torches et dans la cuvette d’une pierre pour les lampes et le choix des mèches des lampes, qui étaient végétales, principalement lichen ou mousse sèche.