La lampe à huile

Au 4ème millénaire apparait la lampe à huile phénicienne.

C’est à partir du quatrième millénaire avant JC que la lampe à huile fait son apparition régulière comme appareil d’éclairage domestique. En effet, les lampes apparaissent en Syrie et en Palestine à différentes époques pendant ce quatrième millénaire, époque restreintes à certaines Cités-Etat. Ces lampes à huile, appelées aujourd’hui « lampes phéniciennes », qui peuvent aussi être appelées « lampes cananéennes », sont toutes analogues en forme de soucoupe avec un, deux ou quatre pincements du bord formant un, deux ou quatre becs de soutien de mèches. Les Anglo-saxons les appellent « saucer lamps ».

Et c’est au troisième millénaire avant J-C, au Liban, en Palestine et en Egypte, que l’humanité découvre la nécessité d’utiliser la lampe à huile pour en faire un appareil d’éclairage quotidien et répandu.

Ainsi, à partir de la fin du deuxième millénaire, les lampes à huile deviennent alors coutumières pour tous les peuples civilisés et seront utilisées tout au long de l’Antiquité, du Moyen-Âge, de la Renaissance et jusqu’à notre vingtième siècle sans discontinuer, générations après générations, par les peuples d’Asie, d’Afrique (Maghreb + Machreq) et d’Europe, y compris maintes expansions coloniales.

Sans évolution marquante pendant plus de deux mille ans, du troisième millénaire jusqu’au début du premier, au Proche-Orient, la lampe à huile est formée d’une soucoupe en terre cuite, avec un léger rebord et un ou deux pincements de ce rebord pour former un ou deux becs de soutien de la mèche, normalement faite de fibres végétales. Etonnamment, la lampe à quatre becs de soutien de mèches ne réapparaît plus à ces époques-ci. L’huile de sésame principalement, comme substance combustible, est conservée dans la coupelle. Quelques variations apparaissent, en coquillage et en métal.

Le savoir dû à la culture des Grecs

Les Grecs les premiers remarquent que l’huile d’une soucoupe se renverse facilement et confectionnent leurs lampes, à partir de l’époque classique, en majorité avec un réservoir fermé. Les Romains, les Byzantins et les premiers Arabes les imitent. Toutefois, les éléments principaux de la lampe sont restés identiques, à savoir, le corps de la lampe formant réservoir et le bec de support de la mèche, devenu bec tubulaire de conduit de mèche à partir des Grecs. Le réservoir fermé de la lampe reçoit évidemment un trou de remplissage.

 

L’ingéniosité des Romains

Les Romains – qui d’autre ? – ,  les premiers, lancent une vraie production industrielle de la lampe à huile et, à partir du premier siècle après J-C, diversifient certains éléments de la lampe, tels que l’anse et le bec et y ajoutent le médaillon, des décorations et des enjolivures.

A partir du Moyen-âge, et principalement de la Renaissance, en plus de la terre cuite, de la céramique, du bronze et du fer, on commence à utiliser d’autres matériaux, comme le laiton et le verre. Ainsi le façonnage évolue du façonnage manuel jusqu’à la construction de la lampe raffinée, en passant par la lampe tournée, la lampe moulée et la lampe coulée, en utilisant divers procédés. Ce n’est qu’à la fin du dix-huitième siècle que sont mis en œuvre des procédés semi manufacturés.

La lampe à huile devient l’apanage quotidien

Nous savons maintenant que la lampe à huile représente un intérêt sociologique et historique parce qu’elle est d’une utilisation quotidienne et établi le cours de la vie domestique, de la religion et de la mythologie. Elle est devenue parallèlement un objet commun, un objet sacral, un objet d’art. Elle est devenue aussi une échelle de reconnaissance des époques pour les archéologues, qui les utilisent pour la datation des couches archéologiques, les strates, de leurs fouilles. En effet, il suffit bien souvent d’un seul fragment de lampe, un tesson, pour dater un site archéologique.